Nous avons parfois l’impression de très bien nous connaître.
Nous savons que nous sommes plutôt sensibles, volontaires, anxieux, émotifs, rapides, hésitants, perfectionnistes… Nous avons appris à nous définir à travers notre caractère, notre histoire et les expériences qui nous ont façonnés.
Mais une question est rarement posée :
Tout ce que nous ressentons et exprimons nous appartient-il vraiment ?
Nous évoluons en permanence au contact des autres. Certaines personnes nous apaisent, d’autres nous stimulent. Nous pouvons nous sentir pleins d’énergie dans un environnement et complètement vidés dans un autre. Une inquiétude qui n’était pas là quelques minutes auparavant peut apparaître au contact de quelqu’un de stressé. À l’inverse, certaines rencontres nous donnent soudain confiance, élan ou inspiration.
Le Human Design propose une grille de lecture particulièrement intéressante de ces interactions.
Une carte de notre fonctionnement énergétique
Le Human Design représente le fonctionnement d’une personne à travers un schéma appelé bodygraph.
Celui-ci permet notamment d’identifier un type énergétique, une stratégie, une autorité intérieure, un profil… mais également neuf centres qui correspondent à différentes fonctions : la pensée, les émotions, l’instinct, la volonté, l’identité, l’expression, la force vitale ou encore la pression qui nous pousse à agir.
Sur un bodygraph, certains de ces centres apparaissent colorés : ils sont dits définis. D’autres restent blancs : ils sont non définis ou, dans certains cas, totalement ouverts.
Et c’est là que la lecture devient particulièrement intéressante.
Car ces espaces blancs ne représentent pas des manques ou des faiblesses.
Ils peuvent au contraire nous renseigner sur les endroits où nous sommes davantage réceptifs à notre environnement et à l’énergie des autres.
Ce qui est relativement stable… et ce qui est plus réceptif
Dans la lecture proposée par le Human Design, un centre défini correspond à une énergie que la personne expérimente de manière relativement constante.
Un centre non défini fonctionne différemment. Il est plus réceptif et peut capter, mais aussi amplifier, ce qui est présent chez les autres.
Prenons quelques exemples.
Une personne dont le centre émotionnel est non défini peut être particulièrement sensible aux émotions présentes autour d’elle. Elle peut entrer dans une pièce où règne une tension et la ressentir très fortement, parfois avant même que quelqu’un ait prononcé un mot.
Une personne réceptive au niveau du centre de la volonté peut, quant à elle, être particulièrement sensible aux questions de valeur personnelle et de reconnaissance. Elle peut chercher à prouver qu’elle est capable, qu’elle mérite sa place ou qu’elle peut tenir ses engagements, parfois bien au-delà de ce qui lui convient réellement.
Dans un autre centre, la réceptivité pourra se manifester par une tendance à absorber le stress ambiant, à rechercher des certitudes, à vouloir attirer l’attention ou encore à s’interroger sur son identité et sa direction.
Ces mécanismes peuvent être très subtils.
À force de les vivre et de les répéter, nous finissons parfois par les considérer comme faisant partie intégrante de notre personnalité.
Quand l’adaptation devient conditionnement
S’adapter aux autres n’est évidemment pas un problème en soi.
Nous sommes des êtres relationnels. Nous nous influençons mutuellement en permanence et cette capacité d’adaptation est aussi une formidable richesse.
Mais selon le Human Design, certaines zones de réceptivité peuvent devenir des terrains privilégiés de conditionnement.
Nous pouvons progressivement adopter des comportements destinés à répondre à ce que nous percevons autour de nous : éviter les conflits, prouver notre valeur, nous dépêcher pour nous débarrasser de la pression, chercher des réponses à toutes les questions, vouloir être remarqué ou encore prendre des décisions pour retrouver rapidement un sentiment de sécurité.
Et à force de répétition, une stratégie d’adaptation peut finir par ressembler à une évidence :
« Je suis comme ça. »
Le Human Design nous invite alors à déplacer légèrement la question.
Et si ce n’était pas simplement « qui je suis », mais aussi une manière que j’ai développée de réagir à ce qui m’entoure ?
Il ne s’agit pas de devenir imperméable aux autres
L’objectif n’est évidemment pas de construire une bulle autour de soi et de ne plus être influencé par personne.
Les zones de réceptivité font aussi partie de la richesse de notre fonctionnement.
Parce qu’une personne expérimente différentes énergies à travers les autres, elle peut progressivement développer une grande finesse d’observation et de compréhension dans ces domaines.
La sensibilité émotionnelle peut permettre de percevoir avec beaucoup de subtilité les climats émotionnels.
La réceptivité au stress peut aider à reconnaître très rapidement les environnements ou les situations qui mettent les autres sous pression.
Une zone variable autour de l’identité peut offrir une grande capacité à percevoir différentes façons d’être, différentes directions, différents chemins.
Ce qui peut constituer une vulnérabilité lorsqu’il est vécu inconsciemment peut donc aussi devenir, avec l’expérience et le discernement, une véritable ressource.
Observer plutôt que se mettre dans une case
C’est sans doute l’un des aspects les plus intéressants du Human Design lorsqu’il est utilisé comme outil de connaissance de soi ou d’accompagnement.
Un bodygraph n’a pas vocation à dire :
« Vous êtes comme ceci et vous serez toujours comme cela. »
Il offre plutôt une grille d’observation.
Pourquoi ai-je tendance à prendre certaines décisions ?
Pourquoi est-ce que je ressens autant les émotions de certaines personnes ?
Pourquoi ai-je besoin de prouver que je suis capable ?
Pourquoi suis-je beaucoup plus stressé dans certains environnements ?
Pourquoi ai-je parfois énormément d’énergie, puis plus du tout ?
Le Human Design propose des pistes pour observer ces mécanismes et, surtout, les expérimenter dans la vie réelle.
Car connaître intellectuellement son schéma est une chose.
Reconnaître ce qui se passe en soi au moment où une situation se présente en est une autre.
Un outil particulièrement intéressant dans l’accompagnement
Pour un thérapeute, un coach ou un praticien de l’accompagnement, cette lecture peut également apporter un éclairage complémentaire.
Deux personnes peuvent présenter un comportement très similaire sans que celui-ci s’inscrive dans la même dynamique.
Une personne qui cherche constamment à en faire davantage peut être poussée par la pression qu’elle ressent. Une autre peut chercher à prouver sa valeur. Une troisième peut simplement disposer naturellement d’une énergie importante qu’elle a besoin d’investir.
Le comportement visible ne raconte donc pas toujours toute l’histoire.
Le Human Design propose de regarder ce qui peut se jouer derrière ce comportement, sans poser de diagnostic et sans enfermer la personne dans une interprétation.
Il devient alors un support pour poser d’autres questions, ouvrir d’autres pistes et aider la personne à observer sa propre expérience.
Apprendre progressivement à lire le Human Design
Comprendre un bodygraph demande évidemment davantage que de savoir si certains centres sont colorés ou blancs.
La lecture commence par des fondations : le type énergétique, la stratégie, l’autorité intérieure, les lignes, les profils et les définitions.
Ces bases permettent déjà de comprendre la mécanique générale d’une personne et notamment la manière dont elle peut prendre des décisions davantage en accord avec son propre fonctionnement.
L’étude des neuf centres permet ensuite d’aller plus loin : observer les zones de constance et de réceptivité, reconnaître certains mécanismes de conditionnement, mais aussi identifier les ressources qui peuvent progressivement émerger de ces expériences.
C’est cette progression que nous avons choisi de proposer chez ETSN avec désormais deux niveaux de formation en Human Design, animés par Maïté Soleil.
Le niveau 1 pose les fondations et apprend à réaliser une première lecture structurée d’un bodygraph.
Le niveau 2 approfondit l’étude des neuf centres et permet de passer progressivement de la lecture technique à une utilisation plus fine dans l’accompagnement.
Parce qu’au fond, le Human Design ne nous invite peut-être pas tant à découvrir une nouvelle définition de nous-mêmes qu’à observer avec davantage de discernement ce qui, dans notre manière de fonctionner, semble profondément naturel… et ce que nous avons appris à porter au contact des autres.
Envie d’aller plus loin ?
Si cette approche vous interpelle et que vous souhaitez apprendre à décoder le Human Design, ETSN propose désormais un parcours de formation en plusieurs niveaux, animé par Maïté Soleil : un premier niveau pour acquérir les fondements et apprendre à lire un bodygraph, puis un deuxième niveau pour approfondir la compréhension des neuf centres et intégrer progressivement cet outil dans votre pratique d’accompagnement.
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